Institut d’anthropologie clinique

Une « Indigne psychologie de bazar » fulmine Élisabeth Roudinesco, psychanalyste

Une « Indigne psychologie de bazar » fulmine Élisabeth Roudinesco, psychanalyste

Publié par Serge Escots le 9 octobre 2012 à 09:10 | 0 commentaires

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Thématiques : Psychothérapies, Familles contemporaines

Isabelle Daudy a attiré notre attention sur un article d’Elisabeth Roudinesco paru le 4 octobre dernier dans le journal Libération. Elle réagit à certains propos de cliniciens sur l’homoparentalité. Le projet de loi sur le mariage homosexuel mobilise à nouveau contre l’homoparentalité un petit ensemble de psychanalystes et pédopsychiatres. Rien de neuf sur l’argumentation, juste la même musique anxieuse sur l’avenir de la civilisation. Toujours la même jouissance nostalgique et catastrophiste.

Le texte de l’historienne de la psychanalyse est précis, synthétique et décapant. Pour elle, le discours de ces soi-disant « experts » est « indigne » pour une science clinique. Et de s’interroger à juste titre sur le silence assourdissant de collègues qui font autorité laissant ainsi la psychanalyse se déconsidérer dans ce qu’elle qualifie de « psychologie de bazar » qui « déshonore leur discipline ». Effectivement, la psychanalyse mérite mieux. Tiens justement, profitons-en pour conseiller un excellent texte du psychanalyste belge Patrick De Neuter : « Les fonctions paternelles aujourd’hui », paru en 2011 dans la revue Cliniques Méditerranéennes nº 83.

Comme le rappelle Roudinesco, « on ne dissout pas la réalité » parce qu’elle ne convient pas à nos théories. Les thérapeutes et les spécialistes des sciences humaines et sociales sont là pour analyser, comprendre, éclairer, aider ; pas pour défendre « on ne sait quelle loi du père ». De ce point de vue, il y a urgence à penser les transformations sociétales et, pour reprendre la formule du psychanalyste Charles Melman, « la nouvelle économie psychique ». Alors que de nouvelles formes de normalité et de psychopathologie débordent de toutes parts la famille, l’école, le social et nos cabinets, au point d’en bouleverser les repères, a-t-on encore vraiment du temps à perdre à refuser le monde tel qu’il est ?

Plutôt que de se poser en prophète d’apocalypse proférant des anathèmes sur telle ou telle figure sociale, je préfère croire que la société attend de nous qu’on se retrousse les manches pour penser et inventer les théories et les pratiques adaptées à notre époque.

Serge Escots

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