Institut d’anthropologie clinique

Quand l’historiette associative raconte l’histoire locale et éclaire l’histoire sociale

Quand l’historiette associative raconte l’histoire locale et éclaire l’histoire sociale

Publié par IAC le 22 janvier 2015 à 15:01 | 0 commentaires

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Thématiques : Travail social, Santé mentale

Parce que les livres publiés par des micro-éditeurs ne sont pas rendus visibles — même par nos librairies préférées —, nous vous présentons celui de Lola Devolder, l’une de nos collaboratrices : Le foyer du May, 440 ans d’histoire solidaire au cœur de la cité toulousaine.

Ce petit livre retrace l’histoire singulière d’un CHRS toulousain, le Foyer du May, la plus ancienne association toulousaine et sans doute une des plus vieilles de France. L’association nait en 1570, sous la forme d’une confrérie religieuse et s’installe au centre-ville de Toulouse, rue du May, où se situe encore aujourd’hui son siège social. C’est la présence de l’association en ce même lieu, pendant plus de quatre siècles, qui a permis d’en retrouver les archives. Étonnement, les registres de délibération et autres livres de comptes sont restés sur place tout ce temps. Les autres pièces du puzzle ont pu être consultées aux archives municipales et départementales, tant l’association a fait trace dans l’histoire de la ville de Toulouse.

Pour ceux et celles qui s’intéressent à l’histoire locale, c’est l’occasion de revenir sur la résistance de Toulouse aux Huguenots, car la confrérie naquit pour en célébrer la victoire. C’est aussi l’occasion de visiter autrement des lieux familiers : l’église Saint-Sernin qui abritait un autel rendant honneur à l’œuvre, mais aussi le donjon du Capitole et la prison Saint-Michel, puisque la première mission de l’association était de porter assistance aux prisonniers. La balade se poursuit dans les ruelles du centre-ville : l’association offrant, dès le XIXe, le gite aux détenus libérés, contre un travail de fabrication et de livraison de bois de chauffage pour les toulousains.

Pour ceux et celles qui s’intéressent à l’histoire de l’action sociale, c’est l’occasion de revenir sur quatre cents ans d’évolution de contextes, de publics, de compréhension des besoins, de postures et de pratiques. À l’heure où l’on pense la refonte du travail du travail social et ses enjeux, sans doute est-il utile d’avoir un éclairage historique pour aborder ces mutations. On comprendra ainsi comment l’on passe de la christianisation à la charité jusqu’à la moralisation des pauvres, de la bienfaisance sociale au relèvement par le travail, du bénévolat à laïcisation et à la professionnalisation, avant la technicisation actuelle.

Et enfin, pour ceux et celles qui s’intéressent aux dynamiques sociales, c’est aussi l’opportunité de contextualiser les multiples formes que peut prendre la philanthropie et de réfléchir les transformations du modèle associatif que d’aucuns disent moribond, afin d’imaginer — pourquoi ne pas se le permettre — de nouvelles organisations des solidarités.

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