Institut d’anthropologie clinique

Le 115 en dérangement (1)

Le 115 en dérangement (1)

Publié par Lola Devolder le 9 octobre 2012 à 10:10 | 0 commentaires

Mots clés : , , , , ,

Thématiques : Travail social

Depuis ce jeudi 4 octobre, le 115 de Toulouse ne répond plus. Les écoutant-es qui assurent habituellement ce service destiné à mettre à l’abri les personnes qui en font la demande ont décidé de raccrocher leur téléphone. Les salariés du 115, du PAIO et de l’équipe mobile sociale de Toulouse ont fait valoir leur droit de retrait pour danger et souffrance au travail.

Le vase 

Depuis des mois, les équipes de la Veille Sociale dénoncent le manque de places d’hébergement d’urgence à Toulouse : chaque jour ce sont plus de 150 personnes qui appellent pour être mises à l’abri en urgence, sans qu’il puisse leur être proposé de solution.

La situation est ubuesque : alors que l’état se donne comme obligation de répondre aux appels des personnes à la rue, il ne se donne pas les moyens d’y répondre favorablement. Le service public est rendu dès lors qu’on a décroché le téléphone, même si c’est pour répéter chaque jour « Merci de votre appel mais nous ne sommes pas en mesure de vous fournir un hébergement pour la nuit. Rappelez demain, nous vous dirons à nouveau la même chose. »

Au-delà des détresses humaines que cela engendre, les travailleurs sociaux se retrouvent en situation impossible puisque, sans place d’hébergement disponible, ils ne peuvent assurer les missions qui sont les leurs. Depuis 2 ans, ils tirent régulièrement le signal d’alarme, enchaînant journées de grève ou d’action. Sans écho.


Le 115 se mobilise pour les sans-abris (Toulouse, mars 2011) par teletoulouse-wizdeo

La goutte d’eau

En début de semaine dernière, les locaux de la veille sociale ont été occupés par des personnes sans-abri et des militants qui les défendent. Ces derniers « squattent » depuis des semaines un immeuble inoccupé et pallient ainsi l’impossibilité d’hébergement officiel. Menacé d’expulsion de leur logement de fortune, ils venaient alerter sur la gravité de leur situation. Par deux fois (mardi 2 et mercredi 3 octobre), les forces de polices ont procédés à leur évacuation, sans souplesse ni commisération.

C’est donc, dans un communiqué, que l’équipe de la Veille Sociale annonce jeudi dernier : « Suite à l’occupation des locaux du PAIO trois jours de suite par les habitants du squat de la rue Demouilles, suite à l’intervention des forces de police hier et avant-hier pour procéder à l’évacuation, mais aussi de manière plus générale suite à l’impossibilité pour le service d’assurer normalement ses missions en raison d’un manque important de places d’hébergement d’urgence depuis de nombreux mois (150 refus par jour en moyenne, soit 90 % des réponses apportées) et à la souffrance quotidienne que cela engendre, les salariés de la veille sociale viennent d’exercer leur droit de retrait ».

Lola Devolder

Immédiatement, les grands réseaux associatifs se mobilisent :

Les médias locaux et nationaux relaient l’information :

Publiez votre commentaire

Mollom CAPTCHA

Commentaires

Personne n’a encore commenté cette page.

Flux RSS pour les commentaires de cette page | Flux RSS pour tous les commentaires