Institut d’anthropologie clinique

L’édito — Printemps 2017

L’édito — Printemps 2017

Publié par Élisabeth Suteau le 23 mars 2017 à 09:03 | 0 commentaires

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Fleurir là où on est planté

Durant des années dans les étrennes chez mes grands-parents, passé l’âge des jouets, se glissait un calendrier de la nouvelle année. Bellement illustré de photos glacées, souvent à thème, ils portaient aussi des citations pour chaque mois comme autant de petits messages adressés par une génération à une autre.

De ces citations calendaires égrenées au fil du temps une seule m’est restée qui a résonné de façon un peu différente quand elle m’a trouvée entre déracinement et ré-enracinement : « fleurir là où on est planté ».

Elle a aussi persisté dans ma mémoire parce qu’il arrivait que ma grand-mère la prononce. Parfois comme un commandement et un devoir : « il faut fleurir là où on est planté », parfois comme un renoncement, un accommodement « il faut bien fleurir  là où on est planté », parfois comme un espoir, une prophétie : « là où tu iras tu fleuriras »…

Immanquablement, cette expression à mon oreille crée une unité entre le lieu et le moment, me définit en un temps et un espace où JE SUIS, parmi une infinité d’autres, et peu importe alors d’où je viens, où je vais, et si l’herbe est plus verte ailleurs…

Écosophie

Avec la sortie du livre de Michel Maffesoli, on réentend parler ces temps-ci d’écosophie. En 2014, Stéphane Nadaud proposait un très beau recueil de textes inédits de Félix Guattari : Qu’est-ce que l’écosophie ? Guattari, lui-même heureux passeur de Gregory Bateson qui, dans son Vers une écologie de l’esprit disait que : « l’accumulation massive de menaces contre l’homme et ses systèmes écologiques découle directement d’erreurs dans nos habitudes de pensée », Guattari donc, dans le texte qui inaugure cet ouvrage, Pratiques écosophiques et restauration de la cité subjective, définissait ainsi : « Une telle concaténation de l’écologie environnementale, de l’écologie scientifique, de l’écologie économique, de l’écologie urbaine et des écologies sociale et mentale, je l’appelle écosophie, non pour englober tous ces abords écologiques hétérogènes dans une même idéologie totalisante ou totalitaire, mais pour indiquer au contraire la perspective d’un choix éthico-politique de la diversité ».

Couverture : Écosophie (M. Maffesoli)Couverture : Vers une écologie de l’esprit (G. Bateson)Couverture : Qu’est-ce que l’écosophie ? (F. Guattari)

Terrain

À l’Institut d’anthropologie clinique, ne pas séparer l’homme et son environnement est un truisme. On ne peut détacher la personne / le sujet / l’individu / le groupe de là où il est, ni de là où il en est.

C’est une chance ! Une source incessante de leviers pour des pratiques innovantes et créatives, pour la recherche de communs comme pour la protection de la diversité.

Le terrain est une notion chère au chercheur.

C’est à la compréhension de cette complexité fondamentale de l’être humain au monde que s’emploient Serge Escots, Nicolas Duruz et les membres du comité de recherche qui vont se retrouver à compter du 29 avril 2017 à Paris pour poursuivre le travail interdisciplinaire et continuer d’approfondir l’épistémologie d’une anthropologie clinique.

Mais où que nous conduise la recherche fondamentale, quelles que soient les nombreuses thématiques : laïcité, famille, travail social, psychopathologie… qui traversent nos activités : recherche fondamentale, clinique, formation, accompagnement de pratiques professionnelles… elles ne peuvent s’extraire de leur contexte. Elles partent du terrain et y reviennent. Elles y naissent et y retournent. Et elles s’y appliquent, sans quoi elles n’auraient ni objet ni sens.

Élisabeth Suteau

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