Institut d’anthropologie clinique

L’édito — Certification, labellisation, démarche qualité… de la contrainte

L’édito — Certification, labellisation, démarche qualité… de la contrainte

Publié par Élisabeth Suteau le 5 décembre 2016 à 11:12 | 0 commentaires

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Contrainte qui nous est faite…[1]

Dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle, diverses contraintes nous sont faites, car les organismes de formation doivent obtenir désormais des certifications, des labellisations, et montrer patte blanche à la démarche qualité, s’ils veulent continuer d’exister… au 1er janvier 2017.

Bandeau certifications

Pour l’IAC, l’heure n’est plus à discuter le bien-fondé de cette réforme, mais bel et bien, ce dernier trimestre 2016, à se doter des instances pédagogiques et scientifiques, de longues dates en filigrane de tous nos travaux, mais dont la formalisation était toujours remise à plus tard.

On a donc mobilisé toute l’adrénaline disponible (et pas mal de testostérone, il faut bien l’avouer !) pour maintenir l’existence de l’IAC au tableau des organismes de formation, sans pour autant sacrifier le sens de son projet :

  • Développer une offre qui réponde aux besoins concrets et actuels des professionnels (connaissance du terrain, anthropologie du contemporain).
  • Permettre la transmission de contenus pluridisciplinaires issus de différents modèles, écoles et techniques dans une recherche permanente de cohérence épistémologique.
  • Soutenir son offre de formation par l’étude et la recherche clinique, anthropologique et sémio-linguistique dans le cadre d’une anthropologie clinique dont une des visées est de contribuer avec d’autres à l’édification d’une science pathopsychique à la fois spécifiquement humaine et non clivée des sciences naturelles.

Pour répondre aux exigences de la réforme, c’est toute une pensée qu’il a fallu restructurer. Puis de nombreux contacts ont été activés et sollicités. Et pour finir, l’IAC est en voie de se doter d’un Comité de recherche et d’un pool de correspondants scientifiques qui viennent renforcer le déjà solide groupe de collaborateurs formateurs. Que ceux qui nous ont d’ores et déjà donné leur accord et ont accepté de répondre dans l’urgence à quelques tracas administratifs trouvent ici notre gratitude et nos remerciements pour leur engagement.

À ce remue-méninges sous contrainte, va succéder tout un remue-ménage : le site internet va déménager et se restructurer pour vous refléter cet IAC reconstruit, enrichi (un brin ambitieux), mais plus que jamais dédié au service du professionnel et de ses missions.

Contrainte qu’on se donne[2]

Un jour de formation à l’IAC, pause café. Un formateur, Jean-Claude Maes, et un stagiaire, Loïc Mansuela, tous deux férus de musique et paroliers par ailleurs, menaient une conversation enflammée. Les voix passaient ma porte entrouverte. L’un a engrené une série de contraintes qu’il s’était données pour écrire un texte. Cette liste-là m’est restée en mémoire, entêtante, comme une petite musique, un rythme, un refrain : « D’abord… Et puis… Et puis… Et puis… ».

D’abord trouver le bon gimmick
Et puis le ton, la note…
Et puis d’un mot trouver les racines, les ramifications, les résonnances…
Et puis la rime, lister des mots…


Prod : Supa.
Enregistré au studio MicroGroove par Kuten.
Illustration : Snow Storm: Steam-Boat off a Harbour's Mouth (J. M. W. Turner).

Téléchargement : Miramar — Contraintes et texte[3].

Ingénieuses complications pour trouver des pépites de créativité.
Se contraindre, c’est composer avec des limites.

Contrainte à compte d’auteur…

© Charles Berberian

© Charles Berberian pour PM

Le dernier Philosophie magazine titre « Suis-je l’auteur de ma vie ? ». Et Alexandre Lacroix de répondre dans son édito : « Dans l’ensemble, j’ai de sérieux doutes, car l’existence que nous menons n’est pas vraiment malléable. Elle n’est pas artificielle non plus. La vie n’est pas ce qu’on fait volontairement, mais ce qui advient. Difficile de façonner un mois, une année. Cependant, il est assurément possible de créer des moments particuliers. »

Se contraindre et modestement se muer en auteur de bribes, progresser, et finalement se sentir vivre.

Élisabeth Suteau


1 CNRTL : Serrer, presser, mettre à l’étroit. Mettre quelqu’un dans la nécessité d’agir malgré soi.

2 CNRTL : Faire volontairement un effort sur soi pour adopter une attitude ou accomplir une action.

3 Remerciements pour sa contribution et sa confiance à Loïc Mansuela, qui a bien voulu écrire le récit de son cheminement dans les contraintes et permettre cette publication.

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