Institut d’anthropologie clinique

En route pour l’autonomie : l’accueil familial des « toxicomanes » entre soin et insertion

En route pour l’autonomie : l’accueil familial des « toxicomanes » entre soin et insertion

  • Serge Escots

Logotype du GREPFA

Ce texte fait suite à l’intervention de Serge Escots « Accueil familial des usagers de drogues : l’ornithorynque ! », à l’occasion des 9èmes Journées de formation du Groupe de recherche européen en placement familial (GREPFA) de Lille, les 3 et 4 juin 2010.

Les notions revisitées qui structurent les champs de l’accueil familial social et thérapeutique

Le partage des territoires institutionnels recoupe-il toujours la réalité des besoins des bénéficiaires de l’accueil familial ? L’écoute des acteurs de terrain suffit à se convaincre que ce n’est pas toujours le cas. Dès lors, il revient aux acteurs d’inventer les circulations et les articulations susceptibles de mettre à disposition les réponses thérapeutiques et sociales nécessaires. Si en théorie ce schéma fonctionne, des réalités institutionnelles inscrites dans de multiples dimensions limitent sa réalisation dans les pratiques.

Au compte de ces multiples dimensions, notons l’organisation administrative des secteurs sanitaires et sociaux, les métiers et formations des acteurs qui les composent, ainsi que les finalités, les conceptions, les méthodes, qui structurent les pratiques. À l’arrière-plan de ces réalités, se trouvent les discours du soin et de l’aide sociale, déterminés par des agencements sémantiques spécifiques, historiquement et politiquement datés.

Ainsi, les notions de « soin », « d’intégration », de « socialisation » voire de « réhabilitation » ne sont pas sans histoire sociale et institutionnelle, dans les rapports étroits qu’elles entretiennent avec l’accueil familial social ou thérapeutique.

Une compréhension des ruptures, des continuités, mais aussi des emboîtements et enchevêtrement des concepts formant ces notions sont utiles à l’acteur voulant développer des pratiques qui prennent en compte les cloisonnements aliénants.

Autant « sociale » que « thérapeutique », l’histoire de l’accueil familial des toxicomanes en France est un exemple didactique pertinent pour se repérer dans le mélange conceptuel qui s’opère à la croisée des discours du soin et du travail social.

Pour éclairer le cœur même du débat, l’exposé introductif servant de support à l’atelier revisitera les principales notions qui polarisent les identités professionnelles de l’accueil familial, en s’appuyant sur ce cas à la marge que constitue en France, l’accueil familial des usagers de drogues.