Institut d’anthropologie clinique

Deux ans après la légalisation du mariage pour tous, qu’en est-il de l’adoption pour les couples de même sexe ?

Deux ans après la légalisation du mariage pour tous, qu’en est-il de l’adoption pour les couples de même sexe ?

Publié par Lola Devolder le 7 mai 2015 à 12:05 | 0 commentaires

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Thématiques : Travail social, Méthodologie et évaluation, Familles contemporaines, Protection de l’enfance

L’ouverture du mariage aux couples homosexuels n’a pas été le cataclysme anthropologique annoncé par ses opposants et, aujourd’hui, la grande majorité des français-es y est favorable. La loi votée le 23 mai 2013, en permettant le mariage homosexuel, consacrait également — et de fait — la possibilité d’adoption pour le couple de même sexe. Dans les faits, très peu de couples homosexuels peuvent adopter. Les adoptions sont rares proportionnellement au nombre de parents-candidats, essentiellement réalisées à l’international, à partir de pays qui ne reconnaissent pas le droit aux parents gays d’adopter. De plus, et avant de pouvoir adopter, il faut se porter candidat et se soumettre à une enquête sociale, qui débouchera ou pas sur l’obtention d’un agrément.

Extrait : « L’adoption, un long voyage », Taina Tervonen (Têtu, octobre 2010)

Têtu, octobre 2010

À l’Institut d’anthropologie clinique, une formation a été mise en place pour accompagner les professionnels (psychologues et travailleurs sociaux) en charge d’évaluer la candidature des couples gays à devenir parents-adoptants. Cette formation a commencé en 2007, à une époque où les couples homosexuels se cachaient sous des statuts de célibataire pour formuler leur désir d’adopter. Les professionnels devaient travailler à partir de ce secret plus ou moins voilé (voir extrait ci-contre). La problématique était alors celle de la confiance entre intervenants sociaux et candidats, dans un cadre légal homophobe (les couples homo ne pouvant prétendre à l’adoption).

Depuis l’adoption du mariage pour tous, certains professionnels nous amènent d’autres questions qui sont au fond des réserves, pour ne pas dire des réticences, à confier des enfants adoptables à des couples de même sexe. Faisant fi des études et sources scientifiques sur le sujet, leur morale personnelle prend le pas sur leur position éthique professionnelle. On pourrait s’en offusquer, simplement. A contrario, Serge Escots a choisi d’analyser l’évolution paradoxale des postures homophobes de certains professionnels, depuis le vote de la loi garantissant l’égalité des droits devant le mariage et l’adoption.

Lola Devolder

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