Institut d’anthropologie clinique

Accueil familial : une solution économique pour les Conseils généraux dans la prise en charge des enfants par l’Aide sociale à l’Enfance ?

Accueil familial : une solution économique pour les Conseils généraux dans la prise en charge des enfants par l’Aide sociale à l’Enfance ?

Publié par Serge Escots le 31 août 2009 à 07:08 | 2 commentaires

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Thématiques : Travail social, Accueil familial, Protection de l’enfant

Depuis plus d’une dizaine d’années maintenant, on entend ici ou là que tel département ou tel autre envisage l’accueil familial et les assistants familiaux comme une possibilité à moindre coût d’accueil des enfants dans le cadre de la protection de l’enfance.

Un dispositif enfin susceptible de réaliser des économies budgétaires en ces périodes d’inflation des charges des Conseils généraux n’est certes pas négligeable. Et en effet, tout un chacun, sait que le prix de journée d’une famille d’accueil est bien inférieur à celui d’un établissement. Mais encore convient-il de considérer l’ensemble des coûts, en incluant ceux de la formation continue, de l’accompagnement des enfants et des parents, ainsi que ceux relatifs à l’accompagnement professionnel des assistants familiaux prévu par la loi depuis 1992. Et ce minimum, pas toujours assuré partout sur le territoire national, reste insuffisant au regard des réels besoins des enfants confiés, de leurs parents et des assistants familiaux et de leurs familles. Ainsi, l’idée qui consisterait à développer des accueils familiaux à moindre coût dans les départements en réduisant au strict minimum les conditions d’organisation, d’accompagnement et de suivi serait une fausse bonne idée. Ce type de solution serait gravement dommageable pour la qualité de l’accueil et pour la réalisation de la mission de protection de l’enfance qui ne consiste pas à confier des enfants à des familles d’accueil, puis faire en sorte que les assistantes familiales, « maintenant qu’elles bénéficient d’une formation, se débrouillent avec ».

La mission, selon les situations, vise la plupart du temps au retour des enfants, dans de bonnes conditions, dans leurs familles et lorsque cela n’est pas possible, elle vise à ce que l’on puisse aider l’enfant à grandir avec deux familles, et accompagner la famille d’accueil — je dis bien la famille d’accueil, pas seulement l’assistante familiale — dans cette aventure qui implique chacun affectivement.

Cela signifie de se doter de moyens pour accompagner l’enfant de façon régulière en y associant l’assistante familiale et les parents. Cela signifie de pouvoir travailler avec les parents dans une perspective de changement sur les difficultés qui ont conduit à la séparation. Cela implique d’avoir des conditions de circulation des enfants entre ces différents lieux de vie qui soient sécurisantes pour tout le monde. Cela implique aussi que l’assistante familiale puisse être accompagnée dans sa démarche professionnelle dont le caractère familial atypique dans le secteur médico-social suppose disponibilité et attention de la part de son employeur. Cela suppose aussi des dispositifs de formations continues qui permettent d’élargir les savoirs et savoirs faire des assistantes familiales pour répondre aux demandes actuelles de la protection de l’enfance. Cela suppose des espaces de réflexion et d’élaboration de la pratique qui leur autorisent la mise en question d’un travail très exposé au quotidien sur le plan personnel et familial. Cela implique que leurs conjoints et leurs enfants soient pris en compte et puissent, lorsqu’ils en éprouvent le besoin, être écoutés et entendus sur ce qu’ils vivent dans l’accueil.

Tout cela n’est pas rien et justifie d’un coût. Celui de l’accueil familial des enfants en protection de l’enfance.

Serge Escots

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Commentaires

  • Madame, compte tenu du manque de précision de votre message et de son caractère personnel, nous vous proposons si vous souhaitez échanger avec l’IAC de vous mettre en rapport avec nous à travers la page de contact (lien en bas de page à droite).

    Envoyé par Administrateur, 4 mai 2011 (il y a 7 années )

  • mon enfant,ayant été diagnostiqué TED, à été confié à son père mais la justice m'a imposé que 8h par mois pour le voir à mon domicile et en présence d'une travailleuse familiale,les difficultés de la séparation à l'époque ont été évoqué comme cela, mon enfant "fuguait" et il a été considéré "en danger de mort", mais c'est son trouble qui l'a ammené à avoir ce comportemment, et, j'ai préféré le confier à son père avec sa soeur pour que je me restaure mais cela fait 3 ans que ça dure, à votre niveau que me conseillé vous pour que je trouve un issu à ce calvaire d'être séparé dans l'autorité parentale qui est plus qu'insuffisante à l'égard de mon fils.Son père me prive de la relation avec mon garçon au nom de son intérêt mais c'est immoral et la justice n'a rien vu, peut-être que je suis or sujet

    Envoyé par retailleau, 4 mai 2011 (il y a 7 années )

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